1. "

    L’intrépide avance les yeux clos.

    Regarder un paysage à travers la vitre d’un camion sans que les yeux ne puissent faire le point, se retourner et photographier ce qu’il se passe derrière ; ses potes qui se marrent, qui dorment, qui s’occupent. Mais de temps en temps, sans savoir pourquoi, s’arrêter et faire les choses proprement ; photographier cette maison en la regardant droit dans les fenêtres, la faire rentrer dans un cadre, avec des lignes propres et régulières, apaisantes, comme si après toutes ces journées de voyages et d’abandon je cherchais un réconfort en m’appropriant cet abri, ce foyer.

    Les photos ont été choisies parmi des centaines d’images prises pour la plupart lors de tournées avec mon groupe Adam Kesher amis de toujours. Nous vivions ensemble comme une putain de bande de hippies modernes alors que nous chions sur les babos depuis notre plus jeune âge. Manger ensemble, boire ensemble, vivre ensemble sous le même toit à Bordeaux, à Paris ou ailleurs. Fêtes, répèt’, concerts, loges, van… Ces mêmes potes dans les mêmes lits d’hôtels, dans les mêmes avions, transports quelconques, cinés, restos, salles de bains, chiottes ; et malgré cette proximité qui peut sembler insupportable, soudés pour la vie comme par un pacte invisible mais évident - l’amour pour toujours.

    De temps en temps, un peu de répit avec l’amour physique (que les potes ne pouvaient pas m’offrir). Des images dans l’intimité avec cette fille à qui j’arrache la culotte comme pour m’arracher au monde. Des combat de filles, filles qui se mordent, ou cette fille qui fait la tronche et avec qui je finirai mes jours, amoureux. Pendant que certains se réveillent ou dorment encore, j’enjambe les débris de cette nuit de déconne, insouciant et le sourire aux lèvres. Nous reprenons notre véhicule et transperçons les nuages.

    "
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    Propos recueillis pour The Church Magazine

    A house is not a home I Kaiserin éditions, Paris I Yann Stofer

     
  2. (via vicemag)

     
  3. opaqueglitter:

    ph. andrew g hobbs.

    (via lecieldeparis)

     
  4. "Tu te caches" qu’il disait. Tu te noies dans des tissus trop larges, tes larmes derrières des canines écartées scintillantes. Secoue la tête pour chasser les larmes. Bouge tes hanches pour évincer tes peurs. Je partirai.

     
  5. theswinginsixties:

    The Ronettes

    (Source : retrogirly)

     

  6. Un air qui reste en marchant, le dernier tram vient de filer, il faut marcher dans la nuit pour rentrer

    Comme toi j’ai un cœur
    Qui ne peut rien promettre
    A qui l’amour fait peur
    Mais qui t’aime peut-être
    A quoi ça sert de le cacher ?
    A quoi ça sert d’y échapper ?

    Je n’ai rien à t’offrir
    Que ce que mes yeux voient
    Tu ne veux pas souffrir
    Mais qui ne souffre pas ?
    A quoi ça sert de l’éviter ?
    A quoi ça sert de t’en aller ?

    A rester dans ta tour d’ivoire
    En broyant du rose ou du noir
    Tout seul - tout seul

    Comme on n’est pas très malheureux
    On oublie qu’on n’est pas heureux
    Tout seul, tout seul

    Je n’ai que les étoiles
    Et rien d’autre pour toi
    Si l’on doit se faire mal
    C’est la vie qui veut ça
    A quoi ça sert de rester seul ?
    A quoi ça sert de vivre seul ?

    Je n’ai que les étoiles
    Et rien d’autre pour toi
    Si l’on doit se faire mal
    C’est la vie qui veut ça
    A quoi ça sert de rester seul ?
    A quoi ça sert de vivre seul tout seul ?

    A quoi ça sert ? - Françoise Hardy

     
  7. opaqueglitter:

    Chanel SS/’97 Stella Tennant Photographed by Karl Lagerfeld.

     
  8. I made an Etsy shop. It’s called MuwshMuwsh

    http://www.etsy.com/fr/shop/MuwshMuwsh

     

  9. "Au bout d’un moment - c’est-à-dire cinq minutes - on considère les gens comme matière pour des histoires. On ne pense plus “Cet homme est très sympathique et mon Dieu quelle vie terrible.” On se dit “Voilà un bon sujet.” Et puis on se surprend bientôt agenouillé auprès de la femme qu’on aime étendue sur le trottoir, inconsciente, du sang s’échappe de sa bouche, on se surprend alors que notre coeur déchiré et que la sirène d’ambulance se rapproche, on se surprend à se dire que c’est un sacré moment, qu’il y a de la beauté dans ce qui se passe, malgré la pluie et le froid, la mort rôde et l’indifférence des passants. Ce sont des émotions si intenses qu’on ne peut s’empêcher de se dire que cela donnerait une belle oeuvre d’art si on les recyclait. On sent dans nos veines et dans notre cerveau le chemin de cette douleur infinie qui se change peu à peu en or poétique. Alors on se jure que jamais on ne se servira de ces émotions. Parce qu’on a cette odeur de sang qui colle à la peau et que rien n’efface."
    — Elias - On s’habitue aux fins du monde - MARTIN PAGE
     
  10. theswinginsixties:

    Edie Sedgwick

    (Source : pinterest.com)